La leçon de photo


La leçon de photo... un bien grand mot pour cette page qui n'a d'autre ambition que d'expliquer deux ou trois petits trucs sur la façon dont je fais mes photos sous Paris. Je ne prétends pas que ce soit la meilleure méthode, bien au contraire, j'en ai assez vu d'autres faites très différemment qui m'ont laissé sur le cul. Foin de digressions fessières, matez donc un peu le cliché ci-dessous:

Il a été réalisé (un peu à la sauvette) pendant une bouffe dans la salle des Céramiques. Avant de lire plus loin, prenez le temps d'examiner la photo attentivement et de deviner comment elle a été prise, notamment au niveau des éclairages... vous pouvez tricher mais c'est tellement plus drôle sans...

Alors voilà... tout d'abord il faut un appareil manuel (ou en mode manuel bien sûr) disposant de la pose B, équipé d'un déclencheur souple et posé sur un pied. L'éclairage principal est apporté ici par les bougies ambiantes disposées dans la salle, ce sont elles qui vont déterminer le temps de pose, grossièrement. Parlons du temps de pose, justement... on est en pose B donc le dit temps est réglé à la main, avec le déclencheur souple. J'utilise généralement une pellicule 200 ASA, actuellement de la Kodak Royal Gold 200. Pour un diaphragme de 1/8, c'est un peu (beaucoup) au feeling mais une vingtaine de secondes est un bon point de départ. Inutile de se leurrer, ce genre de photos demande beaucoup d'essais et produit presque autant de ratés. Faire plusieurs essais pour une mise en place déterminée reste la meilleure assurance de ne pas trop perdre son temps.

Une petite remarque avant de continuer... on peut juger de la durée de la pose à la façon dont les personnages présents sont flous sur la photo. Lorsqu'il s'agit de croquer le portrait d'une galerie ou d'une salle, bien sûr le modèle ne bouge pas donc tout est bien net. A condition de réussir sa mise au point, forcément.

Alors, quels sont les autres éclairages utilisés sur cette photo ? Il y a les bougies, ça on l'a déjà vu... Notez maintenant la gargouille. Même si je ne trouve pas le résultat très satisfaisant, elle est éclairée à la mag-lite. Une simple lampe torche éclairant par des mouvements de va-et-vient le sujet et on peut rajouter de la lumière là où il peut en manquer. C'est comme si on 'peignait' la gargouille avec le pinceau (précisément) lumineux de la lampe, en apportant localement de la lumière là où elle est nécessaire pour mettre en valeur le sujet. L'autre détail est cette zone bleutée au fond, qui révèle la galerie d'accès à la salle. Pourquoi cette dominante bleue ? La lumière principale vient des bougies, qui donnent une couleur jaune orangé à la scène. La galerie du fond a été éclairée au flash, lequel donne une lumière beaucoup plus froide en comparaison. Les tireuses automatiques de photos cherchant à équilibrer les dominantes du tirage, elles ont compensé le jaune des bougies de telle sorte que la lumière très blanche du flash apparait bleue. Mais cela veut-il dire qu'il faut prévoir un ou plusieurs flashes raccordés à l'appareil par de longs câbles ? Nullement. Il va suffire de bloquer la pose B (on parle alors de pose T) de manière à pouvoir se balader dans la salle. Un flash manuel à la main, on peut sans problème passer devant l'objectif, si on ne s'attarde pas rien n'apparaîtra de notre passage sur la pellicule. Il suffit alors d'aller dans la galerie du fond, et de déclencher le flash manuellement en direction des zones que l'on veut éclairer, en se dissimulant bien derrière un recoin. A ce sujet, j'ai été distrait, regardez bien au début de la galerie, on me voit très bien sur la droite tenant le flash...

Voilà, ça ira pour cette fois. Si quelque chose n'est pas assez clair merci de me le signaler et je tâcherai de mettre à jour cette modeste page.


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